« C’est dans le grain qu’on voit le marin » Gabriel Ange Marie Le Fer
Introduction :
Après avoir eu la chance de rallier Rapa Nui depuis les Galapagos, de pouvoir y mettre pied à terre grâce à une météo pas trop dégradée, de découvrir l’ile et ses trésors anciens nimbés de mystère que sont les Moaï (merci Patrice et Erwan), nous reprenons la route océanique. Dans le viseur, si tout se passe bien, Pitcairn puis les iles Gambier.
Résumé :
La TRAVERSÉE… de tous les superlatifs, la plus sud (27°), la plus lente (24 jours pour 1350 milles), la plus mouvementée (4 dépressions, des vent établis à 40/45 nœuds, des rafales à plus de 50 nœuds), la plus immobile (de la cape, encore de la cape), la plus mécanisée (faute de soleil et de vitesse, du moteur presque quotidien pour recharger les batteries), celle cumulant le plus d’emmerd… (écoute dans l’hélice, hauban détoronné, cardan de barre fragilisé)… la plus suivie (Armada chilienne d’abord, JRCC/CROSS Polynésien ensuite, CROSS Gris-Nez en Bretagne), la plus sous tension (craintes pour le mât, l’hélice, le cardan)… et néanmoins, au bout du bout, le rêve Pacifique, dans toutes ses dimensions.
Nous nous en souviendrons !!!
Vendredi 31 juillet au dimanche 9 août 2026
Vendredi 31 – Après une nuit remuante, nous rejouons la séquence du lendemain de notre arrivée à Rapa Nuit. Lever tôt, cap sur la baie d’Hanga Roa où nous avons rendez-vous avec les autorités pour pouvoir, cette fois, faire les papiers de sortie et partir en règle. Arrivés à proximité de Soa à 10h30 pétantes à bord de leur gros gonflables, ils sont repartis à 10h40, aucun d’entre eux n’ayant voulu prendre le risque de monter à bord. À leur décharge, la mer était forte.
Avant cela, Erwan (grand merci à lui) était passé régler la seule chose qui nous était demandée, l’équivalent de 20 €. In fine 10 € ont suffi. Loin, très, très loin du traitement des Galapagos !!!
Nous attaquons ensuite l’installation de l’hydrogénérateur à l’arrière de la jupe de Soa. Une pose facile par mer calme. À l’inverse avec 2/3m de creux, l’affaire est toute autre, les vagues remontant généreusement sur la jupe. Cécile fait le choix de la combinaison de plongée tandis que j’opte pour le slip et un vieux t’short. Échelle de bain dans l’eau, nous nous encordons au bateau. L’affaire est, sur le principe, simple, il faut fixer l’hydrogénérateur à son support ce qui se traduit par faire coïncider 6 trous afin d’enfiler la tige inox autour de laquelle la rotation s’effectue. La bête mesure environ 1,2 m et pèse approximativement 10 kg. Au final, au prix de plusieurs agressions liquides sérieuses mais sans conséquence, l’installation s’est faite relativement vite. Ni chute à l’eau, ni doigt abîmé. Une très bonne chose de faite.
13h30 – Aussitôt après avoir pris notre déjeuner (excellentes lasagnes maison, Cécile), nous levons l’ancre et mettons le cap au nord afin de prendre le plus de distance possible avec la dépression qui s’annonce. Vents prévus à plus de 100 km/h et vagues de 5 à 6 mètres.
Au fur et à mesure que nous nous éloignons de l’ile et de ses hauts fonds, l’océan s’assagit. Il nous offre, sous un soleil resplendissant et un ciel uniformément bleu, une superbe et paisible après-midi de navigation. Reprendre la mer de cette manière, un régal.
Très vite, nous retrouvons cette espèce de paix intérieure que procurent les immensités océaniques. C’est aussi curieux que palpable. Avoir devant nous, deux ou trois semaines de navigation est un bonheur. Une sorte de sérénité.
18h30 – Le soleil entame sa descente dans un ciel que nous n’avons que rarement vu aussi pur depuis notre départ des Galapagos. Un beau et lumineux rayon vert apparait au moment de sa disparition. Sublime ciel orange ensuite…
21h – Je suis de quart depuis une heure, Cécile est couchée. Tandis que j’écris ces lignes, plus orange que jamais, la lune encore quasi pleine, émerge de l’eau. Soleil, lune… Magique.
23h – Nous profitons du changement de quart pour virer vers l’ouest, le vent qui arrive pile poil de la direction où nous souhaitons aller, nous emmenant trop loin à l’Est.
Samedi 1er – Le début de nuit fut plutôt calme.
03h – Depuis mon lit, l’oreille toujours aux aguets, j’entends Cécile réduire par deux fois le génois. La grand-voile est, elle, réduite depuis notre départ. Le vent est à l’évidence monté (plus de 30 nœuds me dira-t-elle). Un quart d’heure plus tard, nouvelle réduction. Je me lève pour lui donner un coup de main. Nous virons de nouveau pour remonter au nord.
09h – Le reste de la nuit fut agitée. J’envoie notre position et explique la situation à Didier (ami et suiveur). Le modèle américain de météo marine GFS, nous fait penser que l’option nord que nous avions retenue jusque-là, n’est peut-être pas la bonne, la dépression nous rattrapant quand même en plus de nous rallonger. L’option ouest ne nous permet pas de l’éviter mais elle nous permettrait de la traverser plus vite. Une fois Cécile levée, nous chargeons la prévision d’ECMWF (modèle européen). Il confirme. Nous virons donc une nouvelle fois, cap ouest-sud-ouest (on n’arrive pas à faire mieux).
- 18h UTC / 12h locales – S 26°09.7 W 109°43.4 – 1275 milles de Pitcairn
Après-midi globalement tranquille, rattrapage de sommeil, études des prévisions sous toutes les coutures, un peu de dessalinisateur…
Nous avons quitté Rapa Nui afin d’éviter la dépression qui la menaçait, et c’était une option parfaitement raisonnable. Nous savions que d’autres allaient nous attendre au tournant. Il n’aura pas fallu attendre longtemps, ce sera pour demain, quelle que soit l’option de route que nous choisirons. Sont annoncés 30 nœuds de vent établis. En ajouter 10 ou 15 pour les rafales. Il ne nous reste plus qu’à profiter pleinement de la nuit pour être en forme.
22h – Nouveau splendide lever de lune.
Dimanche 2 – Le programme de la nuit aura été divers : virements, déroulements/enroulements du génois, moteur… et malgré tout assez reposante, la mer étant plutôt calme. Elle l’est tout autant ce matin.
09h – Tôt ce matin, avant de me coucher, j’avais envoyé un message à Didier. J’ai sa réponse à mon lever. La dépression devrait nous rejoindre à partir de 16 h cet après-midi. Nos modèles de prévision confirment. Ne reste plus qu’à se préparer.
Contraints de mettre le moteur faute de vent, l’océan étant toujours tranquille, nous en profitons pour faire tourner le dessalinisateur. Cent litres de mieux, soit un solde d’environ 350 litres d’eau courante. Nous avons par ailleurs environ 80 litres d’eau de boisson dans le réservoir correspondant. Nous avons du temps devant nous.
Nous entamons les préparatifs du bateau. Réduction drastique de la grand-voile, génois roulé serré, trinquette déroulée, prête à être réduite, tous les bouts soigneusement lovés et amarrés, toiles de cockpit relevées et attachées, panneaux solaires sécurisés par sangles, ajout d’une sangle de maintien supplémentaire pour l’annexe… À l’intérieur, tout ce qui est susceptible de prendre son envol est soigneusement calé.
Nous concernant, tenues de combat : bottes, surpantalons imperméables, vestes de quart (on les sort de la naphtaline), chapeaux des marins bretons étanches (large sur la nuque pour un meilleur ruissellement de la pluie), gilets auto-gonflables, balises individuelles de repérage (AIS), couteaux, sifflets, barres de Cyalum (repérage très lumineux).
- 18h UTC / 12h locales – S 26°25 W 111°12.8 – 1085 milles de Pitcairn
15h – Après un déjeuner tranquille (ravioles, jambon fumé, cubes de fromage de chèvre, cubes d’ananas et grenade, café, Spéculos), une sieste bien méritée, le vent monte à 20 puis 25 nœuds. Il commence à pleuvoir. Une vraie pluie sérieuse, pas trois gouttes. Sans doute, le début des hostilités. Totalement harnaché, je sors réduire la trinquette. Une demi-heure plus tard, le vent retombe. La pluie cessera peu après.
16h30 – Nous sommes tranquillement installés dans notre carré avec vue sur mer, tisanes en main. Le baromètre ne chute pas significativement (1017 Hp contre 1018/1019 ce matin), 15 nœuds de vent, l’océan est toujours relativement tranquille. Je remets de la trinquette. Le calme avant la tempête ?
18h – Alors que le vent monte très sérieusement, 25 puis 30 nœuds, la trinquette se met à battre dans tous les sens dans un grand bruit. Une des écoutes a lâché. Pourquoi, comment ? Mystère. Il faut la maîtriser d’urgence. Je tente un coup de moteur pour nous remettre sur les rails. Très mauvaise idée (je n’avais pas encore vu qu’une partie de l’écoute était dans l’eau). Nous nous harnachons et je pars à l’aventure dûment attaché à la ligne de vie. Cécile parvient à enrouler la trinquette depuis le cockpit. L’extrémité de l’amarre encore attachée à la trinquette par son nœud de chaise est partie à l’eau, prise je ne sais où, quille, hélice ? Je frappe la partie restée à bord sur un taquet.
Je passe l’autre amarre sur tribord et parviens à la rattacher à l’œillet de la trinquette, ce qui permet de la bloquer, enroulée. Pour celle qui est dans l’eau, nous verrons plus tard, elle n’affecte pas le système de direction. Par contre pas de moteur au cas, très vraisemblable vu le bruit entendu, où elle serait prise dans l’hélice. Nous déroulons un tout petit bout de génois et poursuivons.
Durant la totalité de la nuit, Cécile et moi nous relayons par tranche de deux heures devant les instruments de la table à carte afin de maintenir Soa dans un angle au vent acceptable. Nous sommes brassés dans tous les sens, empannerons plusieurs fois. Le vent s’établit entre 25 et 35 nœuds et poussera le bouchon à plusieurs reprises à 40 nœuds avec une pointe à 52 (92 km/h).
Une nuit dont on se souvient ! La prochaine nuit risque d’être à l’identique. Pas forcément réjouissant. Consolation, nous aurons évité les vents très forts et la très grosse houle qui devraient affecter Rapa Nui, ce qui était le but.
Lundi 3 – La fatigue se fait évidemment sentir ce matin. Les conditions étant un peu meilleures, nous en profitons, au-delà de la prise météo et des échanges avec Didier, pour nous reposer. Les hostilités devraient reprendre en début d’après-midi.
Les prévisions du jour corroborent celles de la veille. Dès lors, ne pouvant nous échapper, deux options s’offrent à nous, nous mettre à la cape avant l’arrivée du front ou tenter de le traverser le plus vite possible. Des vents de 40 nœuds établis, laissent augurer des pointes régulières à 50 nœuds voire plus. Michel Meulnet, routeur professionnel avec qui j’avais fait ma formation météo avant de quitter La Rochelle, avait beaucoup insisté sur ce point, au vent établi, ajouter 50 à 60% supplémentaires pour les rafales. Au final, ça commence à faire beaucoup.
La matinée se déroule plutôt tranquillement. Nous réduisons encore la grand-voile, il ne reste plus grand-chose. La houle est forte, Soa gesticule dans tous les sens. Le moindre déplacement nécessite une attention très soutenue.
- 18h UTC / 11h locales – S 26°42.7 W 112°29.9 – 999 milles de Pitcairn – Nouveau fuseau horaire
Le vent disparait. N’avançant plus, nous nous mettons à la cape.
La « cape » : par vent fort, 35/45 nœuds et plus, mer très formée avec houle de 5/6 mètres et plus, on peut se mettre à la cape pour préserver le bateau (pilote, mât…) et reposer l’équipage. Cela permet de stabiliser le bateau dans un angle au vent assez constant (de l’ordre de 60°) et donc, généralement dans un angle similaire ou proche par rapport à la houle. Une fois positionné, il dérive lentement (1 à 2 nœuds) dans la même direction que s’il était au près. Techniquement la procédure la plus simple consiste à placer le bateau au près, tribord amure par exemple, voiles très réduites, puis de virer sans toucher aux voiles. Une fois le bateau bâbord amure, la voile d’avant (génois ou trinquette) se retrouve dès lors « à contre » c’est-à-dire gonflée du « mauvais » côté, côté opposé à celui du près. On tourne la barre à fond du côté d’où vient le vent et on la bloque (bout ou autre). Concrètement, une fois bâbord amure après avoir viré, vous mettez la barre en butée comme pour tourner à bâbord. Pour finir, on relâche (déborde) la grand-voile du côté opposé à celui d’où arrive le vent si elle est déroulée (tribord dans notre exemple). On peut alors dormir tranquilles.
14h30 – Le vent reparait d’un coup alors que nous faisons la sieste. D’emblée 25/30 nœuds. L’océan déplace des montagnes d’eau, de 5 ou 6 mètres pense-t-on. Nous les voyons arriver, bien plus hautes que Soa qui les gravit l’une après l’autre avant de descendre dans le creux qui suit. Très, très impressionnant.
Dans l’après-midi, le vent monte progressivement, 35 puis 40 nœuds établis avec de fréquentes rafales à 45 nœuds. Notre vitesse oscille entre 5 et 6 nœuds avec nos deux mouchoirs de poche. Le pilote travaille beaucoup. Sur une descente de vague, nous surfons à 10,4 nœuds.
Alors que nous sommes installés dans le carré, une violente explosion accompagnée d’un bruit sourd très puissant, nous prend par surprise. Quelque chose vient de casser ? Le mât est tombé ? Non, rien de tout cela, juste un énorme paquet de mer monté à l’assaut de Soa, par le travers, juste dans notre dos. Impressionnant !
19h – Après discussion, nous prenons la décision de nous mettre à la cape et de faire le gros dos pour la nuit afin de préserver pilote, gréement et équipage. N’ayant quasi jamais utilisé cette procédure, je jette un coup d’œil à la bible des Glénans pour vérifier que j’ai tout bien en tête. C’est le cas.
Malgré cela, nous rinçons le dessalinisateur.
Mardi 4 – Nuit à la cape !
05h – Les infos transmises par Didier (au milieu de sa nuit) et nos propres Gribs nous laissent penser qu’un départ assez rapide serait une bonne option. Cécile plaide pour cette formule depuis hier. Nous décidons cependant d’attendre le lever du jour.
08h – Levés une heure plus tôt après une nuit non dénuée de mouvement mais néanmoins reposante, nous empannons et remettons le cap sur Pitcairn. Environ 25 nœuds de vent et une houle au plus haut, identique à celle d’hier. Vitesse 5 nœuds.
10h – Depuis le carré où nous sommes installés, vue imprenable sur un lumineux arc-en-ciel complet.
- 18h UTC / 10h locales – S 26°11.1 W 112°51.2 – 936 milles de Pitcairn
Nous avançons bien, la houle ne semblant pas très handicapante. Soa joue les bouchons, il monte, descend, monte… On ralentit en montant, on accélère en descendant, le tout dans une relative stabilité.
Ciel uniformément gris mais néanmoins lumineux. Pluie intermittente. Pour rester bien au chaud dans le carré, nous fermons les portes de la descente. L’océan défile sous nos yeux. Voir dehors depuis le carré et la cuisine, est un vrai plus.
Aucun bateau rencontré lors de ses quatre premiers jours de navigation.
Nouveau surf à plus de 10 nœuds.
Coups de boutoir, directs, crochets du droit, uppercuts, l’océan ne manque pas d’imagination pour frapper Soa. Il s’en donne parfois à cœur joie.
Océan métallique sous la caresse du soleil.
Mercredi 5 – Durant la nuit, sous voilure très, très réduite, et cependant à bonne allure, nous poursuivons plein ouest. Exactement ce dont nous avons besoin.
06h – Le vent que nous recevons par le travers, oscille autour de 35/40 nœuds. Nous sommes parallèles aux vagues que nous escaladons l’une après l’autre. Le pilote est en action permanente. Pas de répit, pas de repos.
Après analyse des derniers Gribs, pour éviter tout éventuel problème de ce côté-là ou d’un autre, nous décidons de nous remettre à la cape. Par facilité et pour n’avoir à toucher qu’à la grand-voile, nous nous contentons de virer et donc de passer de bâbord amure à tribord amure, trinquette à contre. Inconvénient, le déplacement qui en résulte, se fait nord-est.
10h – Après notre petit déjeuner, pour palier à cet inconvénient, nous virons pour nous placer bâbord amure. Nous glissons désormais plein Ouest. Les vagues arrivent perpendiculaires à nous, leurs crêtes bien plus hautes que Soa qui « roule » bord sur bord.
Bien qu’ayant parcouru 37.000 milles avec Soa (presque 70.000 km), c’est la première fois que je rencontre des conditions aussi dégradées. Ce n’est pas fréquent, de cumuler des vents de 35/45 nœuds durablement établis et des vagues de 6 mètres, véritables murs d’eau. Sans être inquiétant, l’ensemble est très impressionnant, mouvements désordonnés du bateau compris.
Soa est solide, je et nous avons l’esprit parfaitement tranquille de ce point de vue-là. Ce qui n’empêche que je et nous restions toujours méfiants et donc prudents quant aux périphériques (la preuve l’écoute de trinquette).
Pour rappel, étant au milieu de rien, nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes. Une prudence extrême s’impose donc. Il est préférable de passer 24 ou 36 heures à la cape plutôt que de recasser le système de barre ou de perdre le mât. L’expérience est aussi là.
- 18h UTC / 10h locales – S 26°02 W 114°12.7 – 862 milles de Pitcairn
Immobiles donc ou presque, nous en profitons pour dormir, lire, écrire… Comme le disent Élisabeth et d’autres de nos amis, heureusement, vous n’êtes pas malades. En effet !!!
Nous prenons plusieurs vidéos des conditions extérieures, vagues en particulier. Aucune ne rend vraiment compte de la réalité.
Assis sur la banquette tribord du carré, je vois les vagues arriver sur nous par le vitrage opposé, leurs crêtes bien plus hautes que Soa. Durant l’ascension, Soa gite sur tribord. Une fois la crête franchie et durant toute la descente, Soa gite sur bâbord. Ainsi de suite toutes les 5 à 7 secondes !
Le soleil se montre assez généreux durant l’après-midi. Le baromètre descendu à 1011 Hp avant-hier est remonté à 1017 Hp. La pression s’améliore donc significativement, ce qui est bon signe d’un point de vue météorologique.
Superbe coucher de soleil.
Jeudi 6 – Nuit remuante et néanmoins réparatrice. Pour ma part, j’ai fait 20 heures hier soir, 9 heures ce matin. Très correct. Cécile qui, pour cette nuit, dort dans la cabine arrière, s’est levée un peu avant moi.
Ce matin, le vent a faibli pour s’établir autour de 22/25 nœuds. Il subsiste malgré tout, des pointes à 30 nœuds. La houle est annoncée comme moins forte mais, ça ne ressent guère. Elle ne devrait pas vraiment diminuer dans les heures et jours à venir, une très grosse dépression dans le sud en étant, vraisemblablement, la cause (info Didier). Alors, départ aujourd’hui ou demain ?
- 18h UTC / 10h locales – S 25°54 W 115°01.5 – 818 milles de Pitcairn
In fine, ne voyant d’amélioration significative proche, nous décidons de déjeuner sur place et de partir ensuite. Cécile fait des yaourts et le dessert. Je prépare les avocats et les boudins. Nous épluchons les patates…
Pour midi, ce sera donc avocats à l’huile de sésame, boudins noirs accompagnés d’une authentique purée de pommes de terre, ananas/grenade frais pour le dessert.
15h – Après une courte mais très bonne sieste pour moi, nous levons l’ancre, enfin façon de parler compte tenu des milliers de mètres d’eau que nous avons sous la coque de Soa. Nous aurons donc passé 33 heures à la cape. Voiles toujours très réduites (25 nœuds de vent). Le soleil nous conforte dans notre choix.
17h – Les problèmes n’arrivant jamais seuls, je constate, lors de mon inspection quotidienne, que trois torons du bas hauban bâbord (D1) se sont détachés. La poisse !!! Passé le choc du constat, nous élaborons une stratégie afin de le sécuriser. La sangle haute résistance que nous avons embarquée aux Galapagos (5 tonnes) va servir à ça. Le crochet qui la termine ne pouvant sans doute pas être passé dans la partie fixée sur le mât et sur laquelle le hauban est pris, je choisis une autre sangle pour intermédiaire.
Nous rentrons le peu de grand-voile qui restait déroulée.
Je grimpe au mât assuré par Cécile. Ça bouge pas mal. Je m’assure, en complément, en passant une sangle derrière le mât à chaque marche franchie. Comme diraient mes amis québécois, c’est ceinture et bretelles. Arrivé à pied d’œuvre, il se confirme que je ne peux utiliser directement le crochet de la sangle. J’entreprends donc de passer mon autre sangle dans la partie inox qui reçoit le câble. Je fais environ 6 ou 7 tours. Avec une main pour se tenir et une main pour travailler c’est un peu sportif compte tenu du balan du mât. Je passe ensuite la grosse sangle dans les boucles de la première et fais un nœud de chaise doublé de plusieurs nœuds plats. Je redescends immédiatement pour attacher la sangle (à cliquets) à la partie fixée sur le pont. J’utilise la même procédure et « souque » à fond. Voilà, c’est fait.
On joint Alex, notre ami architecte naval, pour lui demander conseil. Il nous conforte dans notre choix d’avoir passé la sangle en renfort et de naviguer avec une seule voile d’avant.
On tente également mais sans succès, de joindre David, notre ami gréeur.
De son côté, l’Armada chilienne que l’on a tenu, à sa demande, informée, nous demande de lui transmettre notre position toutes les heures.
Dîner, dodo rythmé par les transmissions…
Vendredi 7 – La nuit fut entrecoupée mais plutôt tranquille.
Nous échangeons avec David dans le courant de la matinée.
- Génois ou trinquette ? les 2
- Grand-voile ? oui
- Bastaques, les 2 du même côté ? non
- Serre-câble pour empêcher les torons de se dérouler davantage ? oui (déjà fait)
- Cape ou route si grosse houle ? cape
Suite à notre conversation nous sommes un peu rassénérés. Ça fait du bien.
Dans un tout autre domaine, nous faisons un check des batteries, prévu depuis quelques jours déjà. Pilotés par l’IA, nous ne constatons pas d’anomalie. Dans ce registre, je bascule du pilote Raymarine vers le pilote Garmin. Il permet un réglage plus précis et plus économe dans le petit temps.
Pilote procédure réglage sensibilité
Menu écran pilote – Configurer – Système – Informations système – Touche centrale enfoncée 5 secondes – Apparition Config distributeur pilote – Retour 2 fois – Config pilote dealer – Réglage du pilote auto – Sensibilité de la barre 60% pour conditions calmes – Sensibilité ou gain de barre.
- 18h UTC / 10h locales – S 25°30.5 W 116°30.5 – 753 milles de Pitcairn
Salade de tomates (excellentes), omelette aux pommes de terre, dernier ananas et dernière grenade pour le déjeuner.
Après-midi calme. Cécile fait du pain, je prépare, avec les informations d’Alex, le message pour le CROSS Gris-Nez.
18h – Message CROSS
Gris-nez@mrccfr.eu – Whatsapp +33 610 35 79 05
Voilier SOA – 14 mètres
LRF 17748 – MMSI 227 328 120 – FAC 6060
2 personnes à bord : Didier TLF / Cécile P.
Position vendredi 7 août 2026 à 23h UTC : S 25°32.870 – W 116°33.441
Bonjour,
En provenance de l’ile de Pâques, nous faisons route vers les Gambier (1020 milles).
Nous rencontrons trois difficultés :
- Suite à de grosses conditions de mer (jusqu’à 50 nœuds de vent et 6 mètres de houle) nous avons depuis hier un bas-hauban défaillant que nous avons sécurisé par une sangle haute résistance (5 tonnes). Un risque de démâtage n’est cependant pas à exclure.
- Une écoute qui s’est détachée et dont une partie est coincée sous le bateau. L’état de la mer ne nous a pour l’instant pas permis de vérifier si elle était ou non prise dans l’hélice, ce que nous pensons. Nous le ferons dès que possible. Dans l’intervalle, par sécurité, nous n’utiliserons pas le moteur.
- Notre AIS reçoit mais semble ne plus émettre.
Nous poursuivons notre route sous voilure réduite, cap 260°, vitesse moyenne actuelle de 3,5 nœuds. Nous devrions rencontrer une zone sans vent à partir de cette nuit.
- 18h UTC / 10h locales – S 25°25 W 116°55.8 – 715 milles de Pitcairn
Afin de résoudre le problème de l’amarre s’il n’a pas été résolu d’ici là, nous envisageons un arrêt à Pitcairn 735 milles, ETA 16/08/2026.
Les autorités chiliennes qui nous suivent actuellement, nous préconisent d’entrer en contact avec le JRCC Tahiti pour prévenir les Gambier et Pitcairn. Qu’en pensez-vous ?
Avec nos remerciements,
DTLF
Voilier.XXX
WhatsApp + 33 666 xxxxxx +33 624 xxxxxx
Nous avons Starlink à bord.
18h30 – Le téléphone sonne, le CROSS nous appelle pour faire le point. Merci et bravo les services publics français ! Dans ce domaine, ceux du Chili semblent très bien fonctionner également.
Soirée tranquille, soleil englué dans les nuages, le vent continue à baisser.
La très bonne odeur du pain qui cuit envahit le carré. Vraiment excellent.
Cape pour vagues et vent trop forts, cape pour absence de vent. Tant qu’à faire, on expérimente toutes les formules. Ne pouvant utiliser le moteur pour suspicion d’écoute dans l’hélice nous attendons donc le vent. Il devrait refaire son apparition dans la journée de lundi.
Samedi 8 – Hormis un envoi à 4 heures du matin au CROSS, la nuit fut un long fleuve tranquille.
L’océan étant calme malgré un peu de houle, nous nous consacrons au problème de l’écoute. La Gopro nous permet de la visualiser très correctement. L’écoute est passée à l’avant de la quille bâbord. Elle passe ensuite entre la quille et la protection du sail-drive puis, semble-t-il, fait deux tours autour de l’axe de l’hélice. Après avoir noué un long bout à l’écoute frappée à bord, nous faisons passer l’ensemble par l’avant de Soa puis, sous la quille tribord. Ne reste donc « que » les tours autour de l’hélice. Après plusieurs tentatives, nous parvenons à supprimer un tour. N’en reste donc plus qu’un. Celui-là joue les fortes têtes et ne trouve rien de mieux que de nous résister. L’insolent.
Si nous ne parvenons pas à « dénouer » (c’est le cas de le dire) la situation, au vu de la pétole actuelle et faute de pouvoir utiliser le moteur, 12 à 15 jours nous seront sans doute nécessaires pour rallier Pitcairn. Rien de dramatique, nous avons de quoi (sur)vivre !
- 18h UTC / 10h locales – S 25°18.9 W 116°52.7 – 718 milles de Pitcairn
Journée soleil intégral et océan limpide. Être immobiles au milieu de ces bleus immaculés est une sensation hors du commun. Seuls, au calme, pressés par rien dans un environnement extraordinaire. Tellement inhabituel. Tellement réjouissant. Si la propulsion mécanique avait été utilisable, focalisant sur le trajet à réaliser, nous l’aurions sans doute utilisée. C’eut été une grave erreur qui nous aurait privés de ce plaisir paisible.
Dimanche 9 – Nuit entrecoupée… les problèmes techniques occupent les têtes.
Calme plus tout à fait plat, le vent flirte avec les 8 nœuds.
Au cas où nous en aurions besoin, nous remplissons les deux mini bouteilles à oxygène que nous avons à bord. De marque Oxsea, pourvues d’un détendeur de plongée, chacune autorise 10 à 15 minutes de plongée. Très suffisant pour une intervention sous le bateau.
Les batteries de service sont, comme tous les matins, au plus bas (11 V). N’ayant pas de solution, je demande de l’aide à notre ami Richard dont c’est la spécialité.
Côté hauban, je tente de joindre Sparcraft. Sans succès. Je remonte au mat pour sécuriser les torons qui se promènent et prendre les mesures du hauban à remplacer (D1). Des amis à nous, ayant eu le même type de problème, nous ont transmis les coordonnées d’un gréeur à Papeete (Fenua Riggings) susceptible de nous fabriquer les haubans (ils se changent par 2, bâbord/tribord) et de nous les expédier aux Gambier. Ce serait la meilleure formule pour nous.
- 12h locales /18h UTC – S 25°18.9 – W 116°52.7 – Restent 718 milles
Sur l’insistance de Cécile, sans nul doute fondée, j’enlève l’antenne Starlink de son support (côté arceau arrière) par crainte qu’elle subisse les méfaits d’une éventuelle chute du mât. Restera à lui trouver une autre place.
Dans la même veine, la crainte d’un dysfonctionnement de Starlink, nous vérifions l’émission de la balise de suivi Konectic (celle de mon assurance, Helvetia).
Nous nous servons ensuite de notre tube PVC habituel pour rallonger notre gaffe la plus longue et tenter d’attraper la partie d’écoute qui se promène dans l’eau. Nous y parvenons au terme de quelques essais. Elle est bien accrochée. Nous la frappons sur un taquet.
17h – Départ ! Le vent semblant sortir de sa léthargie, nous décidons de reprendre la route après presque deux jours d’immobilité. Rien de violent, nous cheminons entre 2 et 3 nœuds mais au moins, on avance.
Pour accompagner nos fromages, il en reste encore, nous ouvrons une des bouteilles de vin achetées à Rapa Nui. Très correct.
Lundi 10 – Nuit tranquille bien qu’entrecoupée par nos échanges avec l’Armada chilienne et le CROSS polynésien (3h et 6h du matin) et un virement de bord.
Alors que Cécile est, comme souvent, à fond, elle s’attaque aux yaourts, pain, pommes de terre… De mon côté, je me fais une matinée très décontractée pour ne pas dire en roue libre.
J’adresse un mail via leur site, à Sparcraft et prends contact avec Émilien, le gréeur mentionné plus haut, de Papeete dont nos amis Sylvie et Laurent (Salavida, un Allure 45) nous ont transmis les coordonnées. Ce dernier confirme qu’il pourrait fabriquer les haubans et nous les expédier aux Gambier.
Nous cheminons lentement, mais dans le bon sens : vitesse de 2 à 3 nœuds avec quelques rares pointes à 4, vent entre 6 et 10 nœuds.
- 12h locales /18h UTC – S 25°45.7 – W 117°24.5 – Restent 689 milles
Avocat, filets de porc, pommes de terre sautées, pommes (fruit) cuites.
Nous reculons nos pendules d’une heure pour être plus en phase avec la nature, lever et coucher du soleil en particulier. Notre heure du bord est donc désormais à mi-chemin de l’heure des Galapagos et de Pitcairn soit moins 9 heures par rapport à la France et moins 7 heures par rapport à l’heure UTC/GMT.
Je change légèrement de braquet cet après-midi, et réalise quelques bricolages faciles, changement d’heure des pendules, sécurisation de l’antenne Starling qui capte bien depuis l’annexe et organise le cheminement de son fil de branchement de telle sorte qu’on puisse la rapatrier facilement sous la casquette. Je refixe ensuite la lunette des WC puis fais la vaisselle. Là, franchement, je suis à mon maxi du jour.
Avec Cécile, sur les conseils d’Alexandre, nous frappons les drisses de tête de mât sur le franc-bord de Soa. Le taquet que nous utilisons est vissé et soudé avec une épaisse contre-plaque sous le pont.
Après tous ces efforts, nous dégustons la dernière mouture du Kombucha maison… vraiment excellent.
17h – Nous virons ouest-nord-ouest au 290°.
Le pain du jour sort du four… chaque fois plus beau. Recette : 300 gr de farine blanche, 200 gr de farine intégrale, 2 cuillers à café de sel fin, 1 sachet de levure de boulanger, mélanger le tout. Ajouter 44 centilitres d’eau entre 30 et 35°, mélanger à la main ou avec une cuiller en bois. Recouvrir, laisser la pâte reposer 2 ou 3 h. Elle doit augmenter significativement de volume. Faire ensuite 4 ou 5 rabats en repliant la pâte sur elle-même. Attendre une heure à une heure et demie en fonction de la température. Faire préchauffer le four 30 minutes à 245°. Placer la pâte dans un plat. Laisser reposer 15 minutes. Vaporiser ensuite avec de l’eau, saupoudrer de farine, enfourner en réglant le four sur 190°. Ajouter un ou deux petits récipients contenant de l’eau dans le four. Laisser cuire pendant 30 à 45 minutes.
Ils sont réactifs, chez Fenua riggings, le gréeur de Papeete. Avec Camille, la secrétaire (+689 89 25 90 57 – fenua.rigging@gmail.com), nous échangeons toutes les données pour la fabrication des câbles et, partant, l’élaboration du devis. Bravo.
Coucher de soleil, fine bande orange entre océan et nuages.
La lune est dans son dernier quartier.
Mardi 11 – La nuit fut hachée. Très, très hachée, même, le vent jouant la partition de l’instabilité permanente, tant en direction qu’en force (10 à 35 nœuds). Virer ou empanner, ajouter ou enlever de la toile, éternel recommencement. Ça me rappelle ma remontée du Brésil avec sa traversée du pot au noir, les conditions étaient exactement les mêmes, pluies fréquentes et orages en plus. Différence, j’étais seul.
Ce matin, ciel uniformément gris. Pas bon pour la recharge des batteries qui souffrent déjà pas mal, notre vitesse étant insuffisante pour que l’hydrogénérateur produise. Résultat, 2 heures de moteur au milieu de la nuit. De secteur ouest, le vent varie entre 10 et 15 nœuds. Nous déroulons la totalité du génois pour un résultat de l’ordre de 3,5 nœuds. Déjà bien.
Le message de Didier que nous trouvons à notre réveil, n’est pas réjouissant pour la fin de semaine. Nos Grib du jour confirment, nous devrions être confrontés à une nouvelle dépression (doux mot pour dire tempête) avant d’arriver à Pitcairn. Au vu des prévisions, qui, naturellement, peuvent changer d’ici là, nous choisissons d’infléchir notre route vers le nord-ouest. Et puis, wait and see. Peut-être bien une nouvelle tranche de cape en prévision.
Le formateur en éducation physique que je fus à une époque de ma vie, se souvient de ce que l’on appelait à l’époque « déplacement dans un environnement avec incertitudes ». Une catégorie d’activité physique en pleine nature. Nous y sommes en plein, mais alors, vraiment en plein. On gère le déplacement en prenant en compte, au fur et à mesure de ce qui se présente, les variations de vent, de mer, les problèmes matériels qui surviennent en escadrille… Incertitudes donc. Sans parler de la fatigue due au sommeil haché. Et, bien sûr, un stress non négligeable lié au questionnement sur la tenue du mât (problème de hauban), sur la recharge des batteries, sur le fait que nous ne pouvons utiliser le moteur pour nous propulser. Nous sommes loin de la zone bien tranquille dite de confort. Comme une sorte d’aventure qui s’écrit au jour le jour et dont on ne connait ni l’issue ni les éventuelles péripéties qui pourraient l’émailler.
- 12h locales /18h UTC – S 25°36 – W 118°38.7 – Restent 622 milles
Les conditions sont maniables… et c’est très agréable.
Notre nouvelle heure du bord ne nous convient pas. Nous remettons les pendules à l’heure des Galapagos. Sur notre île flottante, nous sommes les maîtres de nous-mêmes et de nos horloges. D’ailleurs, nous envisageons d’adopter l’heure des Galapagos pour le coucher et celle de Pitcairn pour le lever, cela nous fait quand même gagner deux belles heures de sommeil. Pas négligeable du tout.
Les parties hautes des deux écoutes qui baignent sous Soa, se promènent pas mal. Se seraient-elles détachées de l’hélice après que j’aie oublié de débrayer en démarrant le moteur ? Après vérification, elles sont bel et bien libres. Je les remonte à bord. Libérés, délivrés. Un incontestable soulagement.
Au vu du temps qui s’annonce, nous cogitons sur une option Marquises. Beaucoup plus loin. Pitcairn 600 milles, Gambier 900 milles, Marquises 1.500 milles. Un chantier naval sur place, ce qui n’est pas le cas aux Gambier. Quelques vents forts aussi sur la route. Nous pourrions atteindre Pitcairn d’ici 7 à 10 jours puis Gambier environ 4 jours après. Pour les Marquises, sans doute 20 jours sans rien entre les deux. Dans un cas comme dans l’autre, nous disposons de largement assez d’eau et de nourriture. Côté gazole, il nous reste environ 400 litres. Très suffisant. La question reste entière. Je demande son avis à Didier.
Suite au fait de la libération des bouts d’écoute, Cécile met Soa à la cape et fait des photos de l’hélice. L’hélice et ses trois pâles, parait intacte. Un espace qui me parait anormal semble exister entre la partie métallique du sail drive et le caoutchouc situé à l’avant de l’hélice. Je tente de joindre mon ami Fred, mécanicien en Guadeloupe, pour avoir son avis. Peut-être l’anode qui aurait été arrachée ?
Soa étant arrêté, nous en profitons pour positionner la deuxième drisse de tête de mât en soutien de ce dernier. Et nous reprenons la route.
Nous faisons ensuite tourner le dessalinisateur, épaulé par le moteur pour ne pas vider les batteries.
On ne s’ennuie pas !!!
Mercredi 12 – Nuit globalement calme du point de vue du vent et de la mer.
À mon réveil, j’avais le retour de mon ami Fred. Je sais pouvoir compter sur lui. Il me répond alors qu’il est en vacances en France. Il insiste notamment sur la nécessité de vérifier la couleur de l’huile du sail drive au cas où le joint de sortie aurait été endommagé. Nous échangeons au-delà de la question de l’hélice… par-dessus les océans.
Aujourd’hui, nous attaquons la deuxième partie de notre traversée pour rejoindre Pitcairn. Le premier tronçon aura été particulièrement long et n’aura pas manqué de surprises ! 560 milles nous attendent encore.
- 12h locales /18h UTC – S 25°13.8 – W 120°11.9 – Restent 538 milles
Un bel oiseau blanc nous rend visite.
L’après-midi est occupée… après une bonne sieste, suite à la libération de l’hélice et aux conseils de Fred, nous vérifions l’huile du sail drive, identique à elle-même et mettons le moteur en route. Ça tourne. Pas de vibration particulière. Très bonne nouvelle (n’est-ce pas Cécile ?). Le vent étant absent nous naviguons au moteur. Nous en profitons pour faire tourner le dessalinisateur.
J’attaque ensuite l’électricité. Je vérifie les données enregistrées sur l’Easyview, sorte de panneau de contrôle de l’ensemble des éléments électriques du bord, appareils divers et batteries. Tout est correct pour nos batteries Lithium (Peukert : 1,00 – Amp=Pleine : 1,6% – Tension entretien 13,50 V – Absorption 14,50 V).
Je passe ensuite au chargeur de batteries qui ne produit plus. Dans la situation strictement anormale d’un bon fonctionnement, alimenté en 230 V par la génératrice intégrée au moteur, il délivre jusqu’à 100 Ah soit l’équivalent de 2,5 à 3 fois plus que l’alternateur du mloteur ce qui permet de faire 2,5 à 3 fois moins de moteur pour une charge équivalente. Très, très appréciable. Cécile aux commandes de l’Easyview et de la génératrice et moi face au chargeur, nous mesurons les voltages : tension entrée : 230 V – tension réelle sortie : 13,05 V – tension affichée : 16,15 V. Le problème est là, entre 13,05 V en sortie (ce qui correspond au voltage effectif des batteries) et 16,15 V que perçoit, en interne, le chargeur. À 16,5 V, il refuse de délivrer des Ampères, ce voltage étant déjà bien trop élevé pour des batteries. Il semblerait donc que ce soit le chargeur lui-même qui ait un problème. Même si cela n’a rien de dramatique, cela n’arrange pas nos affaires. J’échange avec Richard sur nos constats. À suivre.
Nous procédons ensuite, avec succès, à un nouvel étalonnage du pilote automatique Garmin. Il permet un réglage moins gourmand en électricité que le pilote Raymarine, très appréciable dans le petit temps.
L’Armada chilienne nous informe que nous sommes désormais sortis du champ de leur compétence et nous souhaite bonne route. Très grand merci à eux.
Le soleil déclinant, Cécile se colle au sextant… Somptueux coucher de soleil à suivre. L’éclipse de lune a, de son côté, été très suivie en France et en Europe.
Le vent ayant largement molli, nous décidons de passer la nuit à la cape sous trinquette à contre.
Jeudi 13 – Super nuit tranquille à peine interrompue par notre communication avec le JRCC polynésien à 6h locales ce matin.
Très bonne nouvelle ce matin, les batteries affichent une relative mais réelle bonne forme par rapport aux jours précédents : 12,6 V pour 70 Ah consommés. Nous allons sans doute finir par arriver à les recharger correctement malgré un ensoleillement très relatif suivant les jours et une quasi absence de charge de l’hydrogénérateur pour cause de vitesse insuffisante.
Alors que nous avons franchi la barre des 500 milles pour Pitcairn (restent 492 milles) et après que nous ayons abandonné l’idée de rejoindre les Marquises, nous décidons de rallier directement les Gambier qui se trouvent actuellement à 773 milles. En cause, le mauvais temps qui sévit à Pitcairn et les mauvaises conditions de mouillage et de débarquement, d’une part, une lecture sur les pratiques locales (incestes généralisés semble-t-il, « Pitcairn – Les révoltés du Bounty vont disparaître » d’Olivier Goujon) d’autre part, nous font prendre cette décision. Au rythme lent qui est actuellement le nôtre, deux semaines environ de navigation pour les Gambier.
- Équivalent 12h Galapagos – 11h locales /18h UTC – S 24°55 – W 121°07 – Restent 769 milles pour les Gambier.
Pour l’heure, très belle journée de voile sous le soleil.
Cécile fait du pain.
17h – Nous empannons afin de pouvoir remonter un peu plus au nord, ce pourrait être utile pour la dépression qui devrait nous toucher à partir de demain après-midi.
À l’image d’hier, moteur et dessalinisateur. Deux heures. Nous aurons ainsi assez d’eau pour ne pas en faire davantage sur les jours qui viennent, sous réserve d’un rinçage demain.
Cécile remet le nez dans les étoiles. Sextant en vue.
Nous commençons à regarder les démarches à effectuer pour notre entrée en Polynésie. Y’a de quoi faire ! J’adresse un courriel à l’instance sanitaire, première à devoir donner son aval.
La journée s’achève tranquillement, avec, pour finir, un coucher de soleil qui nous offre le plus beau, le plus long et le plus intense rayon vert que nous ayons observé depuis notre départ.
Vendredi 14 – Nuit plutôt calme.
Batteries à 12,6 V ce matin et une faible consommation (24 Ah) du fait de notre vitesse et de la production de l’hydrogénérateur.
Me sentant coupable de me lever si tard (9h15) alors que le soleil brille déjà largement, je recule la pendule d’une heure. Nouvel essai donc avec l’heure de Pitcairn, 8h15 pour 15h15 UTC.
Nous sommes ce matin sous la barre des 700 milles pour les Gambier (699).
Didier nous apprend que le bateau de l’une de nos amies a disparu du mouillage de Saint Barth où il était sur bouée avec deux amarres. Étrange. Son chien, un berger allemand était à bord. Amarres cassées ou volé ?
Alors que le baromètre est toujours haut (1022 Hp), Didier nous confirme l’arrivée de la dépression pour la fin de journée. ECMWF que nous consultons, ne dit pas autre chose avec des vents à 35/40 nœuds et donc des rafales au-delà. Les vagues devraient cependant être moins fortes que la dernière fois. Nous nous remettrons à la cape.
Cécile fait des yaourts et prépare un « dahl », plat indien typique facile à manger à la gite.
- Équivalent 12h Galapagos – 11h locales /18h UTC – S 24°10 – W 122°31.5 – Restent 689 milles pour les Gambier.
L’océan est bouillonnant et désordonné, comme s’il cherchait sa voie avant la tempête. Le ciel, bleu jusque-là, se couvre de fins nuages d’altitude. Ils s’épaississent progressivement.
Le cargo Gloria Maris croise notre route à bonne distance (6 milles). Il fait route au 136°.
En début d’après-midi, nous réduisons encore le génois afin de limiter les efforts du bateau puis sanglons les panneaux solaires. Nous passons un bout supplémentaire de maintien sur l’annexe. Après un peu de rangement à l’intérieur, nous devrions être parés pour la bataille.
Grosse pluie, la première du genre.
17h30 – Nous nous mettons à la cape. L’océan est agité, le vent encore raisonnable. Il n’y a plus qu’à attendre.
Samedi 15 – La nuit la plus longue, la plus remuante, la plus anxiogène…
Le vent a commencé à grimper dans les tours à 20h. Il s’est progressivement renforcé pour s’établir à 22h, entre 35 et 40 nœuds et plus souvent à 40 qu’à 35. Les rafales se sont succédées jusqu’au-delà des 50 nœuds, pendant plusieurs heures. Ça commence à faire ! Étant tribord amure, Soa est très gîté sur bâbord. Les vagues de 4/5 mètres le maintiennent dans cette posture. Du côté sous le vent elles lèchent le franc-bord. Se déplacer à bord n’est pas une mince affaire.
Les vagues qui se lancent à l’assaut de SOA, produisent un bruit sourd et des chocs très violents. Nous heurterions un mur que cela ne serait sans doute pas très différent. Souvent, elles s’offrent ensuite le plaisir d’enjamber Soa et de déferler. La coque/pont aluminium, choix volontaire, ne craint cependant pas grand-chose. Impressionnant néanmoins.
Ces conditions ne sont pas des plus favorables pour dormir. À cela s’ajoute l’anxiété liée au fait de savoir si tout va tenir. Je ne pense pas à Soa en tant que tel, mais à notre mât dont l’un des haubans, heureusement pas le plus important, est partiellement rompu. Dans un demi sommeil, le cerveau cogite : Quel est ce bruit ? Est-ce que ça tient ? À l’endroit où nous nous trouvons, loin de tout et tous, perdre le mât serait un problème majeur.
09h – Bon, jusqu’ici tout va bien, pas de casse. Ça soulage. Les autres haubans ne présentent pas de fragilité apparente. Le vent est toujours établi autour de 35/37 nœuds (70 km/h), l’océan plus formé encore avec des creux, pour certains, d’au moins 5 mètres. Écume blanche tous azimuts. Pas le plus calme. Une vraie expérience en tous cas. Nous nous souviendrons des mers du (petit) sud. Le vent devrait mollir en fin de journée. Si vous le dites.
Je disais précédemment, concernant la cape, que le bateau dérivait. En l’occurrence, depuis hier 17h30, Soa a parcouru presque 30 milles. Heureusement, compte tenu du choix d’être tribord amure que nous avons fait, c’est dans une direction qui nous est plutôt favorable (SW).
Didier nous apprend que le bateau de notre copine a effectivement été volé (vidéo police), ce qui explique qu’il ne se soit pas retrouvé sur les cailloux environnants et n’ait pas été retrouvé dans le secteur où il aurait dû dériver. Sympa !
- Équivalent 12h Galapagos – 11h locales /18h UTC – S 24°24 – W 123°23 – Restent 641 milles pour les Gambier.
13h – Le vent repasse à 40/45 nœuds, pointes à 52 (100 km). Ça a l’air d’être parti pour durer plus que prévu.
14 h – Eh bien non, on repasse sous la barre des 30 nœuds. Début de la baisse prévue ?
15h – Elle semble, en effet, se confirmer. À l’inverse pas d’amélioration du côté de l’état de la mer, toujours 5 m de creux et une surface hachée. Rester à la cape ou se remettre en route ? That is the question. Sans que cela ne préjuge de rien, nous déroulons un peu plus la trinquette.
18h – In fine, après avoir tenté la cape, nous décidons de repartir, le vent ayant faibli, nous sommes moins bien positionnés par rapport aux vagues qui cognent sous l’arrière de Soa. Nos premiers milles nous confirment dans ce choix. C’est parti pour la nuit moi qui pensais pouvoir dormir tranquille.
Dimanche 16 – Nuit standard, plusieurs levés pour ceci ou cela…
L’océan est moins formé mais il n’est pas calme non plus. Le gris domine plus que largement. Nous avançons assez correctement (4 nds), toujours au près et toujours sous génois seul avec 2 ris.
- Équivalent 12h Galapagos – 11h locales /18h UTC – S 24°00.8 – W 124°05 – Restent 603 milles pour les Gambier.
Le temps s’étire… Nos amis de Lady Blue profitent pleinement des Marquises et des conditions climatiques locales. Rosalie fête ses 16 ans.
La journée est sombre du type de celle, quand on est en croisière côtière, où on reste tranquillement au port.
Lundi 17 – Pendant la nuit, Cécile me dit entendre un bruit de cardan de barre. Celui que l’on connaît bien et qui est annonciateur de problème. Par sécurité, nous nous remettons à la cape afin d’attendre le matin pour voir ce qu’il en est.
Petit déjeuner pris, nous partons en exploration après avoir vidé une bonne partie du coffre tribord arrière. Et le constat confirme la crainte. La tuile ! Nous l’avions changé avant de quitter Rapa Nui et je n’en ai pas d’autre de rechange. Tiendra-t-il jusqu’aux Gambier ou devrons nous barrer avec la barre franche de secours ? C’est la première question. Quelle nouvelle réparation ou changement de système ensuite ?
- Équivalent 12h Galapagos – 11h locales /18h UTC – S 23°21.4 – W 125°00.9 – Restent 550 milles pour les Gambier.
Crumble aux dattes pour le dessert. Top.
Je fais une incursion sur la jupe arrière, dûment équipé d’un gilet, d’une balise AIS et sanglé, afin de resserrer le support de l’hydrogénérateur. Il a pris du jeu.
J’écris ensuite à Hervé Z. de chez Tecmar, importateur France des produits Lewmar. J’ai besoin de trouver une configuration de pilote qui permettent de naviguer sans appréhension. Remplacer, compléter ou doubler le système Mamba actuel ?
Nous avons donc trois chantiers importants à mener : le cardan du pilote à mettre à niveau, les haubans à remplacer, l’électricité à revoir. En espérant trouver les compétences qui nous serons nécessaires aux Gambier ou aux Marquises.
Il nous faudra également refaire du gazole, nous en avons consommé beaucoup depuis notre départ des Galapagos (400 litres).
Plusieurs réponses cet après-midi des services de Polynésie… et quelques papiers supplémentaires à renseigner. Ils sont réactifs.
Remontée spectaculaire du baromètre, 1020 Hp. Soleil compris. Plusieurs oiseaux accompagnent Soa.
Nous poursuivons sous trinquette, parfaite pour conserver une vitesse raisonnable, ni trop vite, ni trop lentement. L’océan s’est un peu assagi, le vent est comme on l’aime, 15 à 18 nœuds. Ça semble convenir au pilote.
Très beau coucher de soleil juste dans notre axe de cheminement et… petit rayon vert.
Mardi 18 – Trois ans !!! C’était à La Rochelle… une rencontre basée sur l’hypothèse d’une traversée du Pacifique que nous fêtons… au milieu du Pacifique !
Les conditions sont restées stables durant la nuit. Le baromètre poursuit sa « remontada », 1022 Hp. Le ciel est globalement dégagé. La lune s’est couchée tôt ce matin.
Nous sommes désormais sous la barre des 500 milles.
Les conditions aidant, nous nous offrons une journée cool.
- Équivalent 12h Galapagos – 11h locales /18h UTC – S 22°43.7 – W 126°45.6 – Restent 473 milles pour les Gambier.
À journée particulière, menu spécial : foie gras, gésiers accompagnés de choux rouge, crumble aux pruneaux, le tout, servi avec un Saint Émilion de 2013.
Le vent ayant comme prévu, tourné, nous empannons. Cap 330°. Un peu nord mais mieux pour la nouvelle dépression annoncée pour vendredi.
Après-midi tranquille.
Velouté de potiron maison, foie gras, fromages, yaourts et pain maison
Mercredi 19 – Nuit assez calme, mer pas trop agitée, vent stable 10 à 15 nœuds.
Hervé de chez Tecmar, m’envoie des informations sur le système de barre et le moteur de pilote indépendant, Direct Drive. De mon côté, je fais en sorte de retrouver les factures initiales et les photos correspondantes afin de mettre l’existant à niveau.
Cécile fait un superbe et excellent gâteau à l’ananas.
- Équivalent 12h Galapagos – 11h locales /18h UTC – S 22°07.2 – W 127°50.1 – Restent 398 milles pour les Gambier.
Je poursuis mes recherches sur le système de barre. Alors que je voulais annoter un plan, le stylo se retrouve, « à l’insu de mon plein gré », dans ma main droite. Après 4 mois d’abstinence suite à mon bras cassé, j’essaie… et ça marche. Super ! Beaucoup plus facile pour mon cerveau d’utiliser la main droite pour écrire, il sait faire.
Splendide arc en ciel complet dans notre sillage.
Les milles qui défilent nous en rapprochent, je ressors les classeurs sur la Polynésie. Des articles soigneusement mis de côté depuis des années, que dis-je, des décennies. Le même genre que ceux qui nous ont permis de profiter de notre extraordinaire escale à Los Monjes (ilots au nord du Vénézuéla).
Une heure après l’avoir enlevé, on remet le génois.
Nouveau fuseau horaire et donc, nouveau changement d’heure, on garde la « notre », pour l’instant.
Jeudi 20 – Nuit confortable entre génois, cape, trinquette… Faut pas moisir.
08h – Au réveil, lever de soleil magnifique. Je substitue le génois à la trinquette, les conditions s’y prêtent.
Dernière étape du dégivrage du frigo éteint la veille. Je bascule ce qui reste dans la glacière, afin de pouvoir l’éteindre après deux mois de fonctionnement continu.
Superbe temps pour naviguer… vent, océan maniable, ciel bleu, soleil radieux.
- Équivalent 12h Galapagos – 11h locales /18h UTC – S 21°53.6 – W 129°19 – Restent 319 milles pour les Gambier.
15h – Le vent ayant forci et devant forcir encore, la trinquette remplace le génois.
Je passe l’après-midi à peaufiner le mail pour Tecmar.
Cécile, sur les conseils du JRCC, prend contact avec le maire des Gambier pour organiser notre arrivée.
17h30 – Nous franchissons la barre des 300 milles toujours sous le soleil. La houle se renforce.
19 h – Le vent monte…
Vendredi 21 – La nuit fut mouvementée. Vent variable entre 20 et 40 nœuds avec autant d’ajustements que nécessaires. Pas facile de trouver le repos.
09 h – Après un dernier rugissement, le vent tombe en dessous de 10 nœuds. Il en faut pour tous les goûts. Compte tenu de la houle toujours marquée, on est quasi à l’arrêt. Pas plus confortable.
Autour de nous, du gris, encore du gris, toujours du gris. Pas très réjouissant.
Je reprends contact avec Fenua Riggins pour la future livraison des câbles. J’adresse également un mot à David, notre ami gréeur, pour avoir son avis sur la priorité à donner concernant les autres câbles à changer et sur ma capacité à le faire.
- Équivalent 12h Galapagos – 11h locales /20h UTC – S 24°04.9 – W 130°18.7 – Restent 269 milles pour les Gambier.
Pour écrire correctement les choses, il faudrait dire « l’archipel de Gambier » au même titre que, chez nous, l’archipel de Glénan, en Bretagne. Les Gambier sans « s » sont donc un raccourci hybride.
Nous commençons à sérieusement regarder les conditions d’arrivée tant météorologiques que de navigation. À l’image de Mayotte, les iles de Gambier sont ceinturées d’une barrière de corail quasi fermée. Seules trois « passes » permettent d’entrer dans le lagon. Une à l’Est, une au Sud, une à l’Ouest. Située sur l’ile de Mangareva, la plus grande de l’archipel, Rikitea est la « ville » la plus importante. Les différents services administratifs et magasins d’avitaillement s’y trouvent. Elle sera donc notre première destination. Nous pourrions toucher terre mardi ou mercredi à venir. La gendarmerie est très à l’écoute.
Suite au changement de fuseau hier, et bien que l’envie n’y soit pas, nous nous résolvons à reculer la pendule d’une heure, en attentant mieux. Une autre heure restera à prendre pour être à l’heure légale des Gambier.
De 6 à 13 nœuds de vent. Voile, moteur, voile… il en faut pour tous les goûts.
Ciel uniformément gris en cette fin de soirée. Un petit Hummus acheté à San Cristobal allèche nos palais. Le rhum sera pour dans quelques jours.
Pain du jour. Mie aérée, croute croustillante… une tuerie, comme diraient certains.
Samedi 22 – On a bien avancé pendant la nuit. Elle fut plutôt calme mais a nécessité beaucoup d’interventions dues à la direction du vent.
7h30 – 200 milles des Gambier. On grignote, on grignote.
Matinée tranquille. Le vent étant plein ouest, nous tirons des bords.
- Équivalent 12h Galapagos – 11h locales /18h UTC – S 22°03.4 – W 131°35.3 – Restent 194 milles pour les Gambier.
Sauté de patates douces aux graines de sésame accompagné de chou rouge au Tahini et de Toffu fumé. Myrtilles à la chantilly.
L’après-midi est à l’image du matin. Ça permet de se reposer.
Suite à un post que Cécile a fait paraitre sur FB concernant notre arrivée aux Gambier, nous avons plusieurs retours de bateaux sur place dont les coordonnées d’un autre gréeur à Papeete auquel ils ont eu positivement à faire. Utile et sympa.
Je contacte le gréeur en question, Jean-Christophe. Son site est très bien fait. Il revendique lui aussi, une grosse expérience et a donné pleine satisfaction à nos (futurs) copains.
Je regarde également le site du chantier des Marquises. Pas de problème apparemment pour y changer le reste des haubans. Par contre ils ne disposent pas de Roulev et ne pourront sans doute pas sortir Soa de l’eau. Bien embêtant. Ce n’est pas ce que j’avais en mémoire. Erreur.
Même si nous sommes loin de tout, cela ne nous empêche pas de penser douloureusement aux turpitudes du monde, guerres en Ukraine, Palestine, Iran… incendies dévastateurs en France et ailleurs…
Nos lectures durant cette traversée : Clipperton de JL Étienne, L’ile des gauchers d’Alexandre Jardin (extraordinaire), Pitcairn, L’expédition du Kon-Tiki de Thor Heyerdahl… etc.
Dimanche 23 – Nuit chahutée (20 à 30 nœuds, grosse houle) qui nous a conduit à nous remettre à la cape à 5 heures locales. Ce matin, zéro mille de gagné par rapport aux Gambier. Pas vraiment productif.
09h – Nous repartons. 18 à 25 nœuds. Plus facile de gérer le vent (direction/force) et les voiles lorsqu’on est correctement éveillé et qu’on garde un œil permanent sur les instruments.
L’arrivée d’une grosse houle (5 m au moins) que nous avions déjà repérée, nous est confirmée par Didier et le JRCC. Tant qu’à faire…
- Équivalent 12h Galapagos – 11h locales /20h UTC – S 22°11.8 W 132°00.3 – Restent 167 milles pour les Gambier.
La houle se creuse…
Nous prévoyons une arrivée aux Gambier par le chenal balisé de la passe nord-ouest, celle des petits cargos ravitailleurs. Après l’avoir perdu en Amérique, nous retrouvons le marquage maritime européen, rouge à bâbord, vert à tribord (« bacirouge » : bâbord, cylindrique, rouge ; « tricovert » : tribord, conique/triangulaire, vert). Les feux des bateaux, comme des avions d’ailleurs, sont ainsi ce qui fait dire, lorsqu’il s’agit d’entrer dans une passe ou chenal et que l’on vient du large : rouge (du bateau) sur rouge (de la balise) ; vert (du bateau) sur vert (de la balise). Le balisage local est à la française, très sérieux. Outre les balises, des alignements de feux complètent le repérage. La partie située juste en avant de la zone de mouillage parait relativement étroite. Des « cailloux » et hauts fonds jalonnent le chemin. Par sécurité, ici comme ailleurs, nous ferons en sorte d’arriver de jour.
Aujourd’hui, grâce à la présence quasi continue du soleil, l’océan a retrouvé son éclat profond et les batteries, une partie de leur charge. Pour ces dernières, ça fait au moins deux semaines que ce n’était plus le cas, nous obligeant à utiliser le moteur quotidiennement pour les alimenter via l’alternateur.
Nous avons, nous aussi, besoin de recharger nos batteries. L’accumulation du mauvais temps entraînant un sommeil et un repos troublés, nous profitons de chaque moment pour tenter de dormir. Indispensable.
Lundi 24 – Malgré la houle, la nuit fut confortable. Seulement trois enroulements/déroulements de génois.
08h – Tandis que Cécile observe l’arc en ciel du moment, un couple de dauphins passent sous Soa et puis s’en va…
11h – Ce vingt-quatrième jour de haute mer devrait être le dernier, si les conditions se maintiennent. Nous avons bien marché cette nuit tout en continuant à ne pas trop tirer sur le gréement. Nous sommes actuellement à 75 milles du nord des Gambier. Ça sent l’écurie, soleil compris.
Suite à la réception de son devis, je viens de joindre le deuxième gréeur de Tahiti, Jean-Christophe de chez Polynésie Riggings. D’après son site, il possède une grosse expérience en France et à Saint Martin. Il est installé depuis longtemps. C’est avec lui que nous allons faire affaire.
- Équivalent 12h Galapagos – 11h locales /20h UTC – S 22°34.8 – W 133°48.8 – Restent 72 milles pour les Gambier.
Nous poursuivons nos prises d’informations sur les Gambier, lectures, Internet, FB…
Nous rechargeons la VHF portable ainsi que nos différents appareils mobiles de navigation.
Tandis que Cécile s’entraîne au polynésien local, chaque lieu ayant sa langue propre, je fais une première relecture de mon fil de l’eau n°30 consacré à notre traversée Galapagos – Rapa Nui.
Dernier coucher de soleil en mer. Même partiellement mangé par les nuages, un plaisir. Une magnificence de cette nature généreuse et belle qui nous entoure.
À l’identique de ce que j’ai pu ressentir dans des moments identiques, je perçois l’ambivalence que génère chez moi, cette arrivée. Bien sûr, le plaisir de toucher terre, de découvrir un nouveau lieu, une nouvelle culture, de prendre du repos… mais aussi, la fin d’une aventure qui, même si elle a pu être difficile à certains moments, et en effet, elle l’a été, est riche d’un vécu « extra-ordinaire », d’un horizon sans limite, d’éléments qui s’expriment dans toute leur plénitude, d’un partage avec Cécile. Rompre avec la navigation, s’en séparer, en faire le deuil. Comme une nostalgie naissante… matinée d’une certaine tristesse.
En milieu de nuit, nous réduisons le génois afin de ralentir. Inutile d’arriver à notre point de bascule vers le sud, côté nord-ouest de l’archipel, avant le jour.
La lune s’est couchée tôt ce matin, face à nous. Nous suivions sa trace sur l’eau.
07h – Terre ! terre ! crie Cécile. Les montagnes des iles Gambier surgissent avec le jour qui se lève. Dans notre sillage, le soleil sort de sa nuit, quasi simultanément. Superbe spectacle. Cécile est très émue.
Nous avions encore une heure à rattraper, c’est chose faite. Les pendules sont à la « vraie » heure locale. Le décalage avec la France s’accentue encore, 11h désormais.
07h30 – Nous entamons la descente vers l’entrée de la passe ouest, la mieux balisée. Environ 11 milles et un peu plus de deux heures pour l’atteindre puis, 8,5 milles à l’intérieur du lagon pour rejoindre le mouillage de Rikitea. Par chance, il fait beau et l’orientation du vent nous permet de poursuivre à la voile.
Nous partageons notre plaisir avec nos proches… ravis pour nous.
Du relief et des montagnes donc. De la verdure et des arbres. Et puis quelques terres au raz de l’eau portant des cocotiers. Une plage de sable blanc. Un très fort contraste avec le bleu profond de l’océan. Une grande échancrure s’ouvre entre les iles de Mangareva au nord que nous longeons actuellement et celle de Taravai au sud. Le chenal chemine entre les deux.
Nous mettons de l’ordre dans les bouts au niveau du cockpit puis installons nos Ipad devant la barre. Sur l’un d’entre eux, la cartographie Garmin de la centrale de navigation avec laquelle nous pouvons interagir. Sur l’autre, la cartographie Navionics, sans doute la plus précise parce que la plus récente.
10h30 – On embouque le chenal après avoir contourné la première bouée rouge (rouge sur rouge, bien sûr).
Une heure plus tard, après plusieurs changements de direction, nous parvenons dans la baie de Rikitea, à l’Est de l’ile de Mangareva. Cinq voiliers y sont déjà, trois monocoques, un catamaran, un trimaran. Un petit tour gratuit pour voir et nous jetons l’ancre.
Un vrai lac sous un beau et franc soleil. Du relief. Une végétation luxuriante. Du calme plus que bienvenu après ces jours mouvementés.
Après 24 jours d’océan, nous y sommes.
Bienvenue aux Gambier, bienvenue en Polynésie.
Ia ora na
| TABLEAU DES POINTS JOURNALIERS | |||||||
| Dates | Jours | Heures | Positions | Milles | |||
| Nav | UTC | Locale | SUD | OUEST | Parcourus | Pitcairn | |
| V 31/07/2026 | 0 | 18h00 | 12h00 | Départ Rapa Nui | 0 | 1275 | |
| S 01/08/2026 | 1 | 18h00 | 12h00 | 26°09.7 | 109°43.4 | 96 | 1179 |
| D 02/08/2026 | 2 | 18h00 | 11h00 | 26°25 | 111°12.8 | 94 | 1085 |
| L 03/08/2026 | 3 | 18h00 | 11h00 | 26°42.7 | 112°29.9 | 86 | 999 |
| M 04/08/2026 | 4 | 18h00 | 11h00 | 26°11.1 | 112°51.2 | 63* | 936 ? |
| Me 05/08/2026 | 5 | 18h00 | 11h00 | 26°02 | 114°12.7 | 74* | 862 |
| J 06/08/2026 | 6 | 18h00 | 11h00 | 25°54 | 115°01.5 | 44* | 818 |
| V 07/08/2026 | 7 | 18h00 | 11h00 | 25°30.5 | 116°30.5 | 65 | 753 |
| S 08/08/2026 | 8 | 18h00 | 11h00 | 25°25 | 116°55.8 | 38* | 715 |
| D 09/08/2026 | 9 | 18h00 | 11h00 | 25°18.9 | 116°52.7 | -3* | 718 |
| L 10/08/2026 | 10 | 18h00 | 11h00 | 25°45.7 | 117°24.5 | 29* | 689 |
| M 11/08/2026 | 11 | 18h00 | 11h00 | 25°36 | 118°38.7 | 67 | 622 |
| Me 12/08/2026 | 12 | 18h00 | 11h00 | 25°13.8 | 120°11.9 | 84 | 538 |
| J 13/082026 | 13 | 18h00 | 11h00 | 24°55 | 121°07 | Gambier 769 | |
| V 14/08/2026 | 14 | 18h00 | 11h00 | 24°10 | 122°31.5 | 80 | 689 |
| S 15/08/2026 | 15 | 18h00 | 11h00 | 24°24 | 123°23 | 48* | 641 |
| D 16/08/2026 | 16 | 18h00 | 11h00 | 24°00.8 | 124°05 | 38* | 603 |
| L 17/08/2026 | 17 | 18h00 | 11h00 | 23°21.4 | 125°00.9 | 53* | 550 |
| M 18/08/2026 | 18 | 18h00 | 11h00 | 22°43.7 | 126°45.6 | 473 | |
| Me 19/08/2026 | 19 | 18h00 | 11h00 | 22°07.2 | 127°50.1 | 398 | |
| J 20/082026 | 20 | 18h00 | 11h00 | 21°53.6 | 129°19 | 319 | |
| V 21/08/2026 | 21 | 18h00 | 11h00 | 22°04.9 | 130°18.7 | 269 | |
| S 22/08/2026 | 22 | 18h00 | 11h00 | 22°03.4 | 131°35.3 | 194 | |
| D 23/08/2026 | 23 | 18h00 | 11h00 | 22°11.8 | 132°00.3 | 0 | 167 |
| L 24/08/2026 | 24 | 18h00 | 11h00 | 22°34.8 | 133°48.8 | 72 | |
| M 25/08/2026 | 25 | 18h00 | 11h00 | 0 | |||
* 40/45 nœuds de vent établis, creux de 6 mètres, nuit à la cape ou, pétole
Contacts :
- Armada chilienne – Whatsapp :
- JRCC – CROSS de Polynésie – Whatsapp :
- CROSS Gris Nez France – Whatsapp :
- Fenua riggings – gréeur Papeete – Émilien – Camille, la secrétaire – Whatsapp : +689 89 25 90 57 – fenua.rigging@gmail.com
- Pitcairn – la mairie :
- Gambier –
FB
FB – Les GAMBIER. La traversée de tous les superlatifs… après 24 jours à tutoyer les mers du sud (27°), après avoir affronté 4 dépressions avec des vents établis à 40/45 nœuds et des rafales à plus de 50 nœuds (100 km/h), nous y sommes enfin !!! Ia ora na.
La TRAVERSÉE… de tous les superlatifs, la plus sud, la plus lente, la plus mouvementée, la plus immobile (dépression, pétole, la cape), la plus mécanisée, celle cumulant le plus d’emmerd… la plus suivie (Armada chilienne, JRCC/CROSS Polynésien, CROSS Gris-Nez), la plus sous tension (craintes pour le mât)… et néanmoins, au bout du bout, le rêve Pacifique, dans toutes ses dimensions.
Nous nous en souviendrons !!!
Aventure :
Vertige bord de la falaise – zone de confort –
Brinquebaler
Antoine Céline
Polynésia Rigging Services
Banque de Tahiti, BP1602 – 98713 Papeete
IBAN : FR76 1223 9000 1570 3908 0100 059 / BIC : CEPAPFTPXXX
Bonjour Richard,
Au fil des jours, nous constatons des problèmes électriques, avec pour résultat le fait que les batteries de service ne tiennent pas la charge.
Exemple concret :
Faute de vent, nous nous sommes mis à la cape. Hier soir batteries de service pleines à 100 % mais seulement 12,8V malgré un grand soleil toute la journée.
Pour voir ce que ça donnait, nous avons coupé tous les consommateurs à l’exception du frigo et de la glacière électrique.
Résultat, ce matin, 37 Ah de consommés, 97 % de charge mais 11 V seulement.
Après une demi-heure de moteur, le voltage repasse à 12,4 V.
Même avec le moteur, les batteries ont beaucoup de mal à atteindre 13 V et plus.
Suite à cela, alors que la batterie dédiée est pleinement chargée (12,9 V), le moteur ne démarre pas instantanément mais seulement après deux, trois voire 4 tentatives. Au moment du démarrage l’ampérage des batteries de service chute d’un coup, – 20 Ah.
Autres problèmes :
- Alors, que nous étions à Rapa Nui et que nous faisions tourner la machine à laver, j’ai constaté, par le plus pur des hasards, une consommation erratique passant des 15 Ah habituels de consommation à plus de 100 Ah avant de revenir aux 15 Ah classiques et ce, plusieurs fois de suite. Complétement inhabituel.
- Nous avons à bord une génératrice 230 V intégrée au moteur. Elle produit normalement. Par contre lorsqu’elle tourne et que nous branchons le chargeur de batterie, soit il ne se passe rien (le chargeur affiche 16,15 V mais 00 Ah), soit une alerte s’allume presque aussitôt concernant un problème avec les batteries
- L’un des fusibles du dessalinisateur (15 Ah) a cramé 2 fois
Par ailleurs, lorsque le moteur tourne (ce que je suis obligé de faire régulièrement), si batteries moteur et service sont couplées, les batteries de service charge à 50 Ah au lieu des 30 Ah habituels lorsqu’elles ne sont pas couplées… mais baisse de charge de la batterie moteur qui passe de 13,4 V à 12,6 V.
Merci à toi,
Bien sincèrement,
Didier
Réglage angle au vent du pilote Garmin.
Bonjour Hervé,
Nous sommes à quelques jours de notre arrivée aux Gambier.
Au-delà de la question du remplacement du réducteur actuel, je souhaiterais que vous puissiez me faire parvenir plusieurs informations afin que j’envisage et prépare un futur plus serein :
1/ Avez-vous toujours en stock un cadran ? À quel tarif ?
2/ Est-il possible de transformer mon système existant en supprimant le réducteur et en le remplaçant par autre chose tout en gardant la tringlerie et le(s) moteur(s) de pilote actuel (j’en ai 2) ? Si oui, par quoi ? Tarif approximatif ?
3/ Quel est le pilote indépendant (électrique) dont vous m’avez parlé qui agit directement sur la mèche de safran ? Modalité de fixation sur la mèche, la mienne étant conique ? Plan et tarif pour l’ensemble ?
4/ Si je supprime complétement le système Mamba, qu’est-il possible d’installer à la place, de simple, fiable et facilement réparable ? Tarif approximatif ?
Merci pour tout ça.
Bien sincèrement
Didier TABARAUD LE FER
PS photos jointes
Bonjour Hervé,
Ci-joint les factures et cotations d’origine et quelques photos.
Merci de me faire une facture pro format comprenant les éléments ci-dessous et la livraison aux Gambier ou aux Marquises :
- 1 x Cardan de réducteur
- 1 x Direct drive 12V (89300039 –
- 1 x Bras de liaison Direct drive – secteur de barre (89500011 – LINK 1000MM AHFT10 OEL)
- 1 x Renvoi angle sur lequel le pilote vient se fixer, deux sorties rainurées, une vers le haut qui reçoit la tige inox venant de la barre, une horizontale, bras inox qui va vers le réducteur. ATTENTION PLATINE DE FIXATION EN HAUT !!! (85008255 – BH10 3W UTBH AP MTG PLT)
- 1 x kit joints pour BH10 ci-dessus
- 1 x Renvoi d’angle tel que celui situé derrière la barre à roue, 20 mm (89200001 – BH10 STEERING BEVELHEAD)
- 1 x kit joints pour BH10 ci-dessus
- 1 x Partie articulée (Mamba Universal Joint and Self-Aligning Bearing 20 mm ???) 89200057 – AMK10 Universal Joint
Toutes les jonctions sont en 20 mm
Merci pour tout ça.
Bien sincèrement
Didier TABARAUD LE FER
Jean-Christophe de chez Polynésie Riggings
Un certain nombre d’animaux très particuliers qui vivent dans les îles Galápagos pourraient être les ambassadeurs de ce célèbre écosystème. Parmi eux, l’otarie des Galápagos a pour elle d’être adorable. Ce spécimen que l’on voit ici nager dans les vagues de l’île d’Española peut atteindre près de 250 kilos à l’âge adulte, si c’est un mâle. Originaire de son archipel éponyme, ce membre du clade des pinnipèdes apprécie les rivages et les vagues des Galápagos et se rencontre rarement à plus de 15 kilomètres des côtes. L’otarie des Galápagos est loin d’être stupide : elle sait qu’elle jouit d’un habitat idyllique dans ce chapelet de 18 grandes îles équatoriennes. Afficher moins
Pilote procédure réglage sensibilité
Menu écran pilote – Configurer – Système – Informations système – Touche centrale enfoncée 5 secondes – Apparition Config distributeur pilote – Retour 2 fois – Config pilote dealer – Réglage du pilote auto – Sensibilité de la barre 60% pour conditions calmes – Sensibilité ou gain de barre.